De cet exposé sommaire, trois choses sont à retenir.
En premier lieu, c’est la mécanique générale, même si elle est différente d’un professionnel à un autre, et surtout, beaucoup plus compliquée que ce qui a été présenté ici. En particulier, il faut arrêter le nombre d’actions à prendre en compte, et retraiter le bénéfice par action pour éliminer les éléments exceptionnels.

Ensuite, c’est l’impact des décisions macro-économiques sur l’évaluation boursière des entreprises cotées. Les variations des taux d’intérêt, des taux d’inflation estimés et des cours de change entre les devises, ont une incidence directe sur la valorisation des résultats futurs.

Enfin, ces calculs intègrent une grande part de subjectivité. Tel analyste accordera plus d’importance à tel ou tel élément, ce qui donnera des résultats différents.

A titre d’exemple, pour la semaine commençant le 26 janvier 2008, voici les estimations des PER de Peugeot et de Seb, pour les journaux Investir et Le Journal des Finances, pour les années 2006 (réel), 2007 et 2008 (estimations).

Investir
Peugeot : 63,9 – 14 – 8,9
Seb : 20,6 – 11,8 – 10,3
Journal des Finances
Peugeot : 68,1 – 14,3 – 9,8
Seb : 20,6 – 12,9 – 11,5

Manifestement, les mêmes données financières étant fournies par les entreprises citées, les analystes ne procèdent pas aux mêmes calculs ou n’utilisent pas des techniques identiques puisque leurs estimations sont différentes.

 




I I / Pourquoi la bourse baisse ?

(Suite)

En Europe, pour juguler l’inflation, la Banque Centrale Européenne a décidé d’augmenter les taux d’intérêt de refinancement des banques. Les analystes ont calculé que l’augmentation des taux d’intérêt aura un impact sur les investissements de la firme et que malgré l’accroissement du chiffre d’affaires, les résultats en zone euro resteront stables pendant les 10 prochaines années.

Le taux sans risque des emprunts d’état devrait passer à 5 % (au lieu de 4 %) car l’inflation gagnerait deux points. Enfin, les entreprises américaines étant plus compétitives, la concurrence s’accentue et le taux de risque monte à 8 %. La conséquence en est que le taux d’actualisation des résultats européens passe de 10 à 13 %.

Voyons l’impact de ces évolutions sur les résultats futurs de l’entreprise.

D’abord, sur les revenus américains.

Année
Résultat US brut
Taux d’actualisation 12 %
Résultat actualisé
1
200.000
1
200.000
2
190.000
0,88
167.200
3
185.500
0,774
143.577
4
171.475
0,681
116.774
5
162.901
0,599
97.578
6
154.756
0,528
81.711
7
147.018
0,464
68.216
8
139.667
0,409
57.124
9
132.684
0,360
47.766
10
126.050
0,316
39.832
Totaux
1.019.778

Même calcul pour les résultats européens

Année
Résultat EU brut
Taux d’actualisation 13 %
Résultat actualisé
1
200.000
1
200.000
2
200.000
0,87
174.000
3
200.000
0,757
151.400
4
200.000
0,658
131.600
5
200.000
0,573
114.600
6
200.000
0,498
99.600
7
200.000
0,434
86.800
8
200.000
0,377
75.400
9
200.000
0,328
65.600
10
200.000
0,286
57.200
Totaux
1.156.200


La somme des résultats actualisés américains et européens totalise 2.175.978 €. En ajoutant l’actif net (1.000.000 €), la valeur de l’entreprise ressort à 3.175.978 €, soit un cours boursier d’environ 31,76 € par action. Rapporté au résultat de l’année 1, le PER de l’entreprise est descendu à 7,94, ce qui traduit bien la diminution de la capitalisation boursière et du cours du fait de la dégradation des profits futurs de la société.

   
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