I I I / L’acceleration de la baisse et les mouvements de panique

(Suite)

Comment savoir si la bourse a enfin réalisé son point bas ?

Une fois que les cours ont déjà bien chuté, c’est à dire perdu plus de 15 %, la grande interrogation pour tous les intervenants est de savoir si on a touché le fonds ou non.
Dans l’action, c’est quasiment impossible de le savoir. Le plus bas est quelque chose qui se constate après coup.

Cependant, quelques recommandations s’imposent.

Premièrement. C’est très bien de suivre l’évolution jour après jour du CAC 40, mais sur le plan mondial, la place de Paris est un nain boursier. Il faut suivre l’indice le plus important, c’est à dire le Dow Jones de New York. Tant que cet indice n’a pas montré des signes évidents de redressement, la reprise est illusoire.
 


Sixièmement. Tout investisseur digne de ce nom doit être capable d’utiliser un logiciel graphique, pour avoir une idée, même grossière, de l’évolution des marchés. C’est aujourd’hui gratuit, et l’apprentissage en est très simple. C’est pourquoi nous vous recommandons de télécharger le logiciel Visual Chart et d’apprendre à l’utiliser pour suivre avec attention vos investissements. Vous apprendrez ainsi à analyser les graphes tels qu’ils sont, à ne pas tomber dans des travers optimistes dangereux ou à ne pas vous laisser impressionner par des conseilleurs peu scrupuleux.
Vous trouverez réponses à vos questions sur le forum de Boursovision.

Septièmement. Il ne faut pas oublier les données fondamentales macroéconomiques. D’une manière générale, la bourse cesse de baisser lorsque les perspectives économiques des entreprises redeviennent positives, c’est à dire que les estimations des résultats futurs repartent à la hausse, soit un horizon de 12 mois environ.


Soyez donc très prudent au moment de considérer que la baisse est enfin finie, et tenez compte des recommandations exposées ci-dessus.



 

Deuxièmement. Il ne faut pas confondre retournement de tendance et rebonds.
Des institutionnels, profitant d’un pause dans la baisse et donc d’une certaine incertitude, peuvent pousser certaines valeurs à la hausse, prendre quelques points, puis revendre très vite. Malheur à l’optimiste qui aura acheté, persuadé qu’enfin la hausse des marchés est de retour.

Troisièmement. Même si beaucoup clament que les PER ont baissé plus que de raison et que les actions sont maintenant à des prix très intéressants, ce n’est pas le rôle du petit investisseur que de se porter acquéreur de valeurs en pleine chute, prenant ainsi le risque de voir ces titres s’effondrer encore plus. Et ce ne sont pas les quelques titres achetés qui vont contrebalancer les très forts volumes à la baisse. Comme indiqué précédemment, si le cours est vraiment devenu intéressant, des institutionnels disposant de beaucoup de capitaux vont se porter acquéreurs, tarir le flot des titres en vente, ce qui va stopper la baisse du cours et ensuite le faire repartir à la hausse. C’est à partir de là que le petit porteur devrait intervenir, pas avant.

Quatrièmement. Il est très rare qu’une chute des marchés forme un V, et que les cours repartent d’un seul coup à la hausse. Face à un premier point bas, tous les intervenants sont confrontés à la même incertitude. Est-ce vraiment le plus bas ?  Et pour le savoir, il s’ensuit généralement une nouvelle baisse, pour vérifier si l’on descend encore plus bas ou non. C’est pourquoi les points bas ressemblent davantage à des W, mêmes déséquilibrés, plutôt qu’à des V. Attendre qu’un W se soit formé augmente la probabilité que le cours reparte vraiment à la hausse.

Cinquièmement. Il faut être très prudent dans la lecture des journaux financiers et savoir décrypter entre les lignes. Et pour cela, il faut comprendre leur position très inconfortable. Les quotidiens financiers défendent la bourse et le petit actionnaire, et essaient de faire le gros dos lorsque les cycles partent à la baisse. C’est pour éviter que la bourse ne s’effondre qu’ils recommandent de privilégier les principales valeurs de la cote, jugées plus défensives, ou de ne sélectionner que des valeurs de rendement, généreuses en termes de dividendes, et non de passer liquide en revendant tous ses titres. Mais lorsque la crise est là, toutes les valeurs sont emportées, les moyennes comme les grosses. Le résultat, c’est que les portefeuilles suggérés  par ces journaux fondent, et les gains lentement acquis au cours de l’année partent en fumée en quelques semaines. Indéniablement, leur crédibilité est atteinte. Mais peuvent ils faire autrement, tenir un autre discours ?  Non, impossible.

   
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