I I I / L’acceleration de la baisse et les mouvements de panique

(Suite)

Faut il analyser séparément les crises de 2000 et 2007, ou au contraire les lier ?

Ces crises sont elles indépendantes, ou au contraire faut il envisager une corrélation entre les deux ?
La question n’est pas anodine, et les perspectives fort différentes.
Car si l’on regarde les graphiques, on constate que le sommet atteint en 2007 sur le CAC 40 (6150 points) est plus bas que celui de 2000 (6800 points), ce qui pourrait s’interpréter comme un large revirement de tendance englobant les deux pics.

Analysons séparément chaque crise.
En l’an 2000, le CAC 40 est monté jusqu’à 6800 points environ. Si l’on prend comme point de départ le niveau correspondant à la date de début de l’accélération de la hausse, soit 2150 points en 1996, on constate une tendance haussière de 4650 points
 



Les français paient doublement le refus de fonds de pension à l’américaine qui pourraient venir en complément de la retraite par répartition. Outre le fait qu’ils ont peu de moyens pour défendre l’indépendance des entreprises nationales qui, une fois passées en des mains étrangères, peuvent être délocalisées à volonté, ils ne peuvent même pas s’opposer au bradage de leurs sociétés cotées par des fonds étrangers lors des crises boursières. Ce sont des milliards d’euros représentant leurs économies qui partent en fumée.
Il parait que les français aiment bien les idées généreuses. Celle là l’est particulièrement. Les salariés américains devraient nous remercier.


En conclusion de ces articles, nous ne pouvons que vous recommander d’être très prudent à l’heure d’investir à nouveau dans des sociétés cotées. Et n’oubliez pas que ce n’est pas très important si vous n’achetez pas au plus bas, mais que c’est essentiel de prendre le minimum de risques. Attendez que les cours repartent vraiment à la hausse avant de recommencer vos achats.

Boursovision 02/2008

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En supposant un retracement possible de 50 %, soit 2325 points, le point bas suivant pouvait se situer aux alentours de 4475 points. Dans la réalité, le CAC 40 est descendu jusqu’à 2600 points en 2003 (moins 62 %).
En 2007, le CAC 40 est remonté à 6100 points, soit une tendance à la hausse de 3500 points par rapport aux 2600 points de 2003. En supposant toujours un retour de 50 %, soit 1750 points, le plus bas pourrait apparaître vers les 4350 points. Pour l’instant, nous sommes toujours dans la tendance baissière, mais nous ne sommes pas passés sous les 4500 points.

En raison de ce double sommets, si on lie les deux crises, on part d’un bas à 2150 points en 1996, pour aller jusqu’au sommet 2007 de 6100 points, soit un différentiel de 3950 points. Ce qui, toujours pour un repli de 50 %, donne un point bas théorique de 4125 points (et non plus 4350).

A noter que si l’on envisage un retracement de 62 % comme en 2003, les plus bas théoriques seraient alors respectivement de 3930 points (au lieu de 4350) et de 3650 points (et non 4125).
Dans tous les cas, nous sommes encore loin de ces plus bas, même s’ils sont théoriques. Raison de plus pour être très prudent avant de se lancer à l’achat.

Pour le Dow Jones, on pourrait douter du bien fondé de lier les deux crises entre elles, car cet indice a grimpé jusqu’à 11500 points en 2000, et 14200 en 2007. Mais le Dow Jones, calculé sur la base des 30 plus grosses capitalisations de la cote n’est probablement pas le meilleur indicateur de l’évolution réelle du marché US. Le S&P 500, qui comme son nom l’indique, intègre les 500 plus grosses valeurs, est monté jusqu’à 1550 en 2000, et 1560 en 2007. Lui non plus n’a pas réussi à dépasser significativement le seuil atteint en 2000.

En considérant l’année 1995 comme point de départ à 4000 et le sommet à 11500 points en 2000, une baisse de 50 % aurait situé le point bas théorique à 7750. Dans la réalité, il toucha les 7500 points en 2003 (soit moins 53 %).
Repartant de 7500 points, il atteignit 14200 en 2007, ce qui pour un repli de 50 %, donne un plus bas à 10850 points. Pour l’instant, il n’a pas dépassé les 11630 en janvier 2008.

Mais si on lie les deux crises, avec les mêmes données (départ 4000, plus haut 14200), le point bas théorique pour un retrait de 50 % serait atteint vers les 9100 points (au lieu de 10850).


Comme on le relève, les perspectives ne sont pas les mêmes selon le point de vue que l’on adopte. Mais quel qu’il soit, l’impression qui se dégage est que la tendance à la baisse va encore perdurer, et que la crise reste d’être beaucoup plus longue que ce qu’annoncent de nombreux commentateurs. En particulier si l’hiver de Kondratieff est insensible aux changements climatiques.

Pourquoi la bourse baisse plus en France qu’aux Etats-Unis ?

On constate effectivement que les crises boursières sont plus accentuées en France qu’aux Etats-Unis. Il y a probablement plusieurs raisons à cet état de fait, mais l’absence de fonds de pension comme aux USA est vraisemblablement l’une des raisons majeures.

Comme il n’y a pas de retraite par répartition, ce sont les fonds de pension qui versent les retraites aux salariés américains. Or l’objectif de ceux-ci n’est pas de vendre des titres pour verser les pensions, mais au contraire d’utiliser les dividendes encaissés sans toucher au capital. Les crises boursières sont des opportunités pour revendre les valeurs les moins rentables et acquérir à moindre coût les titres offrant le meilleur rendement. Il ne serait donc pas étonnant que les fonds de pension américains revendent prioritairement leurs participations en France pour récupérer de la liquidité pour leurs achats aux Etats-Unis, d’autant plus que le cours euro/dollar leur est très favorable.
   
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