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Par Mory Doré
Si l'on se concentre sur la dette dite négociable et qui est adjugée et traitée sur les marchés par les spécialistes en valeurs du trésor (desks de trading de banques françaises et étrangères), on peut considérer que les encours se situent autour de 1250 milliards d'euros fin juin 2010. La structure de cette dette est composée de BTF (Bons du Trésor à taux fixe, intérêts précomptés, émis à moins de 100 % de leur valeur mais remboursés à 100 %) pour environ 200 Milliards d’euros, émis sur des maturités de 3 mois à 1 an, de BTAN (Bons du Trésor annualisés, à taux fixe, dont le coupon est payé chaque année à terme échu) émis sur du 2-5 ans pour environs 250 Milliards d’euros, et surtout d'OAT (Obligations Assimilables du Trésor, à taux fixe ou variable) émises sur des durées de 7 à 50 ans pour un encours de l'ordre de près de 800 Milliards d’euros. On peut considérer que cette dette est détenue à hauteur des 2/3 par ce que l'on appelle des non résidents (banques centrales du moyen orient et d'Asie , fonds souverains), et compte tenu de la structure de la courbe des taux des emprunts d'état ou plutôt de celle des coupons émis, la charge annuelle de cette dette peut être estimée à 50 milliards d'euros ( c'est de l'argent qui rentre dans le compte de résultat des banques et investisseurs résidents et non résidents dont il faut déduire le coût de refinancement aujourd'hui faible pour porter ces positions et les éventuelles moins values latentes et réalisées liées à une dévalorisation des obligations d'état françaises détenues). A terme se posera bien entendu le problème de soutenabilité de cette dette qui finira comme pour les emprunts d'état grecs, espagnols et irlandais aujourd'hui, par être directement financée par la Banque centrale européenne. Cette dette l’est déjà indirectement par mise en pension à la BCE des titres d’état achetés sur la marché par les banques). C'est le phénomène de la planche à billets qui consiste à émettre de la monnaie à partir de rien (ex-nihilo) pour acheter (monétiser comme on dit) les dettes publiques. |
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D'un point de vue macroéconomique, comment s'en sort-on? 1/ Dans le passé, la destruction de dette se faisait par l'inflation. Or aujourd'hui il est difficile dans le contexte de mondialisation et de surcapacités mondiales de production de retrouver l'inflation traditionnelle des années 1960-1970. 2/ Il reste alors la situation de dévaluation implicite ou explicite afin de spolier les investisseurs non résidents. C'est ce que ferait par exemple un pays fragile de la zone euro en décidant de sortir de cette zone, de reprendre son ancienne monnaie, de renommer cette dette en devise nationale et de la dévaluer contre euro. 3/ Enfin, la qualité et la solidité d'une monnaie étant le reflet de la qualité du bilan de sa banque centrale, il va sans dire qu'une réduction drastique de l'actif BCE (par exemple par défaut des dettes souveraines et privées les plus pourries) va correspondre à une destruction de monnaie (la quantité correspondante en euros au passif). Là encore, c'est un phénomène d'appauvrissement et de spoliation des populations par la chute de la monnaie et l'inflation importée. Sans parler des pertes subies par les investisseurs institutionnels et banques sur leurs portefeuilles obligataires (en imaginant qu'il ne peut plus y avoir de recapitalisation des banques par des états agonisants).
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