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REPENSER LES ALLOCATIONS D’ACTIFS FINANCIERS TRADITIONNELLES
Par Mory Doré Interrogé à plusieurs reprises ces dernières semaines sur le fait de savoir s’il fallait être surpondérés en actions dans une allocation d’actifs, voici ce que j’avais tendance à répondre. Je pense que nous vivons une rupture dans le fonctionnement de notre système économique et financier. Plusieurs phénomènes peuvent expliquer cela : mondialisation, épuisement des ressources naturelles, remise en cause d'un business model bancaire, impossibilité de continuer à répartir la valeur ajoutée au profit des actionnaires et au détriment des salariés comme on le fait depuis 20 ans, crise des élites, crise de confiance structurelle et durable vis à vis des acteurs financiers (investment banks , agences de notation, hedge funds, structureurs,…). Donc pour toutes ces raisons, les raisonnements traditionnels d'allocation d'actifs financiers volent en éclats et la question n'est plus de savoir s'il faut surpondérer les actions ou sous pondérer l'obligataire. La vraie question aujourd'hui est de s'interroger sur le choix entre actifs réels et actifs financiers. 1/ Au niveau des 60% investis en actifs réels, il me semble raisonnable de se diriger vers l'allocation suivante. Or, argent et autres matières premières tant agricoles que minières (20%). Obligations indexées sur l’inflation, émises par des emprunteurs au dessus de tout soupçon, surtout dans la seconde partie de la décennie (20%). Et 20% d’actifs réels tangibles, (immobilier commercial sous évalué quelle que soit la zone géographique, espaces naturels immunisés contre les aléas écologiques et climatiques de demain). 2/ Au niveau des 40% investis en actifs financiers (mon coeur de métier), je suis terriblement embêté. On va dire 5% en monétaire qui ne rapportera plus jamais grand chose (que ce soit en EUR, en USD, en GBP, et bien sûr en CHF et en JPY), mais qui aura le mérite de préserver notre capital. 10% en obligataire d' état sur des signatures safe haven (Core zone Euro et dans une moindre mesure emprunts d'état UK et US). 15% seulement en actifs dit risqués (actions, convertibles, crédit corporate high yield). Il ne nous reste que 10% pour optimiser notre gestion financière et générer du rendement sur des supports de diversification et de gestion alternative très liquides (sous forme de stratégies de trading directionnel et d'arbitrage en gestion directe ou déléguée selon les expériences et maturités de uns et des autres). |
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