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PERSPECTIVES POUR L’EURO ET LE DOLLAR POUR LA FIN 2011

Par Mory Doré

Il y a autant de raisons de vendre l'euro que le dollar.
Pourtant il faut s'attendre à une chute de la monnaie européenne au second semestre 2011, à cause des risques réels d’implosion de la zone Euro. Le dollar devrait continuer à rester pour l'instant une valeur refuge malgré les déséquilibres monstrueux de l’économie US.
Sans être un spécialiste du trading sur la paire, force est de constater que le range 1.3970-1.4950 semble durable et profitable pour les semaines à venir.
A chaque fois que les tentatives de Quantitative Easing (QE) implicites ou explicites refont surface, il ne faut  pas hésiter à vendre le dollar. Donc  même si le dernier FOMC (Federal Open Market Committee, la réunion des gouverneurs de la FED américaine) du22 juin a officialisé la fin du QE2, un QE3 caché se prépare sans doute et la parité euro dollar peut rejoindre très rapidement les 1.4715, point de retracement Fibonacci capital situé à 76.4% de la baisse du 4 au 23 mai, de 1.4945 à 1.3970.
Je serai par précaution vendeur un peu avant ce point vers 1.4680  voire – tant pis pour le market timing – dans la zone 1.4550-1.4650 quand les incertitudes sur le devenir de la zone euro referont surface, probablement très bientôt, atténuées par le vote du Parlement grec sur le plan d’austérité, condition sine qua none de la poursuite du versement des aides UE-FMI.

J'ai sur cette problématique des dettes souveraines deux articles qui doivent être finalisés ces jours prochains.

1/ Une petite synthèse sur les plans d'aide aux PIGS depuis mai 2010 afin de clarifier les choses pour les lecteurs qui sont perdus et noyés sous les milliards, et surtout en expliquant que cet argent n'existe pas. Soit il est crée par la banque centrale, soit il est tiré sur les ressources monétaires du FMI, soit enfin emprunté sur les marchés via les émissions FESF. En expliquant  aussi que cet argent est servi au fil de l'eau, qu’il ne fait qu'acheter du temps. En expliquant surtout que cet argent sert à boucler les fins de mois ou de trimestres de ces états et aussi à recapitaliser certaines banques de ces états en situation  très claire d'insolvabilité.

2/ Un petit historique (20 ans ??) sur les défauts de paiement et restructurations financières avec différents cas de figure historiques (Russie 1998, Argentine 2001, Mexique 1994, Asie du sud-est 1997) permettant d'essayer de comprendre la situation actuelle (même si le cas des PIGS est spécifique). Et permettant aussi de clarifier autant que faire  se peut ce qu’est  un  événement de crédit, ce qui n’est vraiment pas simple quand on voit  toute la subjectivité et l’hypocrisie qui tournent autour de cette notion dans le cas de la dette grecque.
 


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Les handicaps structurels de l’euro risquent de l’emporter sur ceux du dollar
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Pour en  revenir à la parité euro-dollar, sur un horizon 6-12 mois, il me semble que les handicaps structurels de la monnaie européenne  risquent de l'emporter sur ceux du billet vert. L’aversion au risque et les flux l'emportant sur les fondamentaux ainsi que le décalage des politiques monétaires auraient dû favoriser l’euro sous l’effet d’anticipations d’élargissement du différentiel  de taux  entre REPO BCE (Taux de Refinancement et principal taux directeur de la BC), et FED FUNDS (idem mais pour la FED US).


Comme j'aime souvent à le répéter, pour anticiper les grandes tendances sur les marchés financiers (actions, taux courts, taux longs, changes, matières premières), il est indispensable de combiner quatre types d'approches et de méthodologies. Le plus vieux marché du monde  qu’est le marché des changes n’y échappe pas.


Ces quatre approches de trading et d’investissement sont les suivantes :

- L’appréciation de la psychologie des marchés et la bonne compréhension du niveau d’aversion au risque des acteurs des marchés.
- L’analyse des fondamentaux via la publication d’indicateurs macro-économiques et l’anticipation des décisions de politique monétaire des banques centrales.
- L’analyse complexe consistant à anticiper les  flux d’opérations et la structure des stocks de positions des gros intervenants du marché des changes que sont les banques centrales, les gros institutionnels et hedge funds global macro. Très difficile à anticiper mais très rentable si l’on arrive à déceler quelques évolutions de comportements.
- Enfin l’analyse technique et plus particulièrement les points de Fibonnacci, points de retracement de mouvements de hausse ou de baisse et que je surveille souvent aussi bien sur un horizon court terme que sur un horizon moyen long terme.


 

Parions donc sur un retour de la paire vers 1.26 d’ici fin 2011.
Certes cet objectif peut paraître injustifié d’un point de vue fondamental (Cf différentiel de taux BCE-FED). Mais du point de vue flux, on ne peut pas anticiper grand-chose, sauf à anticiper des ruptures de comportement au  niveau des banques centrales asiatiques dans leur politique de change. Par contre du point de vue aversion au risque à venir, le dollar doit pouvoir s’apprécier vis-à-vis de l’euro et rester une valeur refuge malgré les déséquilibres monstrueux de l’économie US, à cause des risques réels d’implosion de la zone Euro. Enfin, d’un point de vue technique, cet objectif moyen terme de 1.26 correspondra au  retracement  majeur de 76.4% de la hausse 1.1875-1.4945 sur la période juin 2010 -mai 2011.

Il s’agira donc de ne pas avoir raison deux ou trois ans trop tôt sur l’évolution du dollar et de pouvoir jouer les fondamentaux avec un timing approprié. Car il est vrai que  la situation budgétaire des Etats Unis est sans doute la pire qui puisse exister sur la planète, et les déséquilibres budgétaires des PIGS sont à coté tout simplement "ridicules".
Mais la grande crise des actifs libellés en dollar est repoussée dans le temps (nul ne sait jusqu’à quand, peut-être durant la seconde moitié de cette décennie) pour deux raisons principales :
1/Le dollar va continuer, à tort ou à raison, de bénéficier de son statut de monnaie de réserve internationale car n'ayant pas de concurrent et substitut capable encore aujourd'hui d'absorber les montants colossaux de réserves de change investies en billet vert.
2/Les banques centrales d'Asie vont pendant un certain temps continuer à accumuler des titres d'Etats en dollar dans leurs réserves de change, pour cause de modèle économique encore basé sur la compétitivité de leurs exportations.

Mory Doré
Responsable Risques Financiers
Banque mutualiste régionale.

Boursovision 07 / 2011

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